Sihem Bensedrine: On est en train de juger l’IVD pour ses travaux
dimanche, avril 19th, 2026Transcription :
Sihem Bensedrine: On est en train de juger l’IVD pour ses travaux
La Tunisie est un beau pays. Mais malheureusement, c’est un État policier qui le gouverne. Un régime qui saccage ses acquis et persécute ses citoyens. Certains ont été contraints à l’exil et ceux qui sont restés croupissent dans les prisons et sont maltraités. Mais ce régime ne tiendra pas plus longtemps que d’autres plus forts que lui.
En ce qui me concerne, je tenais aujourd’hui à vous informer qu’on m’a inculpée dans trois nouvelles affaires. Et le 21, après-demain, je comparaîtrai devant le juge d’’instruction. Bien sûr, je n’ai même plus confiance en la justice. Car vous connaissez tous l’expérience que j’ai vécue. Quelques jours après le long interrogatoire devant un juge qui essayait de faire son travail en mars 2024, ce dernier a découvert que ces dossiers étaient vides. Ils ont inventé de toutes pièces des accusations qui ne reposaient sur rien. Et ma défense n’a pas eu de mal à démonter cette montagne de falsification et à présenter ses preuves.
Je suis poursuivie maintenant dans sept affaires en cours. Et toutes concernent les décisions d’arbitrage rendues par le Conseil de l’IVD. Je vous apporterai des éclairages sur ces décisions dans la prochaine vidéo. L’affaire pour laquelle je vais comparaître concerne une décision prise par le Conseil de l’IVD et dans laquelle je n’assume aucune responsabilité personnelle, comme pour les six autres affaires. Dans ces sept affaires, ils ont un seul témoin, la chargée de mission pour le compte du système, un seul témoin qui ment et qui s’en prend à tout le monde. Et elle dit des choses qui contredisent les procès-verbaux des audiences, qui sont signés et clairs, et sur lesquels je ne m’attarderai pas.
Je ne sais pas ce qui va se passer le mardi 21. Tout est possible de la part de gens qui n’ont ni foi ni loi. Sept mois de détention et de mauvais traitements ne leur ont pas suffi. Une grève de la faim qui a beaucoup fragilisé mon état de santé, cela ne leur suffisait pas, il fallait qu’ils renouvellent leurs persécutions. Ils ne me font pas peur, j’ai toute l’énergie nécessaire pour résister. Dieu merci, je suis en pleine forme. Même si ma santé ne suit pas.
A travers ces affaires, ils essaient de salir ma réputation et de porter atteinte à mon honneur en m’accusant de corruption, alors qu’ils n’ont trouvé jusqu’à présent pas l’ombre d’un acte de corruption. Vous connaissez l’histoire de ce juge d’instruction du pôle financier qui n’a rien trouvé après un long interrogatoire et qui avait refusé d’émettre un mandat de dépôt en mars 2024. C’est lui qui a été sanctionné, ils l’ont révoqué et relégué dans un tribunal d’instance à Jendouba parce qu’elle n’a pas voulu se plier aux ordres du ministère de la justice.
Comme je vous l’ai dit, je n’ai aucune confiance en la justice telle qu’elle est administrée aujourd’hui. Comment les juges peuvent-ils résister ? 57 juges intègres qui voulaient faire leur travail ont été révoqués. Même le président de l’association des magistrats qui est le symbole de l’autorité des juges vient d’être condamné à un an de prison pour avoir fait son travail. C’est un scandale, un véritable scandale. Bien sûr, je sais tout ça, et je sais que je ne comparaîtrai pas devant la justice mais devant l’État policier.
On se pose la question « Pourquoi ? Quelles sont leurs motivations» Ils tiennent à se venger de moi en tant que représentante légale de l’IVD. La vérité, c’est que la justice transitionnelle a été ignorée par une partie importante de l’élite. Ils ont tourné le dos à ce processus et n’ont pas mesuré son importance pour l’instauration d’un Etat de droit. Le système lui a tout compris et mesure la menace que représentent les travaux de l’IVD pour leurs intérêts. Sinon pourquoi le système s’en prendrait-il à l’Instance Vérité et Dignité, à ses membres et à sa présidente alors que l’Instance n’existe plus? Parce qu’elle a démantelé le système de corruption et de tyrannie, sans complaisance et en s’appuyant sur les faits. Et elle a recommandé les réformes qu’il faut mener dans notre pays pour le prémunir de cette pieuvre mafieuse qui l’a colonisé et qui bafoue l’État de droit et ses lois. Quant aux honnêtes fonctionnaires, ils ont la plupart été limogés et n’ont pas accepté d’exécuter leurs ordres.
Ils accusent de corruption ceux qui ont dévoilé leur corruption. L’IVD a publié dans son rapport les responsables qui se sont livrés à la corruption dans l’exercice de leur fonctions. Cela signifie qu’ils ont violé les principes fondamentaux de l’État de droit. Ils l’ont gangrené, ils l’ont ruiné, ils ont mis à genoux l’économie du pays. Nous avons renvoyé devant la justice spécialisée soixante-six personnes, dont une grande partie est toujours à la manœuvre dans de hautes fonctions. Et ils ne pardonnent pas à l’IVD de voir que leurs noms cités devant les tribunaux afin qu’ils soient tenus de rendre des comptes pour ce qu’ils ont commis à l’encontre de la Tunisie. C’est pour cela qu’ils en veulent à l’instance et ses dirigeants.
Je vais vous mettre un lien dans le commentaire les textes utiles, si vous avez le temps de les consulter. Nous sommes fiers que l’Instance ait accompli ce travail, et ce ne sont pas que les membres dirigeants, mais un nombre important de fonctionnaires et d’employés qui ont payé un prix à leur travail au sein de l’Instance en étant écartés, licenciés et empêchés de travailler ailleurs après la fin de l’instance. Le moment viendra où nous parlerons de tout cela. La Commission a accompli un travail très important. Ce qui compte, c’est comment nous allons réformer notre pays. Comment en faire un État de droit. Comment faire en sorte que l’Etat protège le citoyen au lieu de le réprimer ? Comment faire en sorte qu’il serve les intérêts du citoyen et non des groupes restreints qui veulent profiter de l’État pour s’enrichir de manière scandaleuse aux dépends des citoyens en contrôlant les rouages de l’État ?
Bref, je vais vous donner plus de détails sur ces affaires en cours pour que vous compreniez les faits et les enjeux. On en reparlera dans une prochaine vidéo pour ne pas trop vous charger maintenant. Je vous présenterai les dossiers d’Arbitrage en justice pour que vous puissiez bien rire. Je veux dire, ils ne sont même pas capables de faire quelque chose qui tienne la route, que ce soit au niveau de la cohérence, de la chronologie ou même de ce qu’on appelle les « témoins ». Même les feuilles de choux ont eu leur mot à dire dans ces poursuites. Nous tenons à le souligner : La Tunisie appartient aux Tunisiens, pas à la mafia qui a colonisé l’Etat, et ils ne pourront pas continuer à le faire longtemps encore, cela ne leur durera pas.
A bientôt.